Trêve hivernale pour les punaises dans nos maisons

Publié par Bourgogne-Franche-Comté Nature, le 28 février 2025

Grises, vertes, rouges… Dès que l’automne s’installe, les punaises arrivent en nombre sous nos toits.

Pourquoi y a-t-il des regroupements automnaux de punaises dans les maisons ?

Lorsque les températures diminuent, les punaises cherchent un refuge pour échapper aux futures rigueurs de l’hiver. Elles s’établissent dans un tas de bois ou de pierres, sous une écorce, dans une souche… mais aussi dans nos maisons. Elles investissent les contours des fenêtres, les plis des rideaux, voire les canapés, se comptant parfois par centaines. Bien au chaud, certains des individus survivront ainsi à la mauvaise saison sous forme adulte pour ressortir au printemps suivant, se reproduire et faire perdurer l’espèce. À moins qu’une période de gel après un redoux ne les mette en difficulté. Ce ne sont pas les seuls insectes à procéder de la sorte. C’est par exemple le cas des coccinelles, notamment les asiatiques. Elles forment ainsi une masse de couleurs vives dissuasive pour les prédateurs.

Quelles sont les espèces concernées ?

On voit principalement deux espèces de punaises grises, souvent confondues. La Société d’histoire naturelle d’Autun-Observatoire de la faune de Bourgogne a publié sur son site web une fiche d’aide à la détermination pour apprendre à les différencier facilement. Parmi les critères d’identification, la Punaise nébuleuse, autochtone, possède une épine ventrale, tandis que la Punaise diabolique, exotique, n’en a pas. Ce nom ne doit pas inquiéter : il est dû aux épines dorsales de la larve, mais l’espèce, comme ses consœurs, est parfaitement inoffensive pour les humains. La Punaise américaine du pin est une autre espèce pratiquant des rassemblements. Plus allongée, ses motifs marron rouge font penser à un masque africain. Les punaises ont sur le ventre des aires qui, en cas de danger, diffusent une odeur puissante généralement perçue comme puante. En l’occurrence, la Punaise américaine du pin produit une senteur évoquant un bonbon acidulé à la pomme, car sa larve se nourrit de pin ! Quelques espèces vertes entrent aussi dans nos maisons, mais de manière isolée.

Est-il utile de signaler ce phénomène ?

Absolument. Si des punaises vous rendent visite, partagez l’information via Internet sur E-Observations, l’outil de saisie en ligne qui alimente la base de données sur la faune bourguignonne. C’est grâce à ces transmissions d’observations qu’a par exemple pu être documentée la colonisation de la Punaise diabolique. D’abord remarquée en ville, elle a peu à peu gagné les campagnes pour se trouver maintenant dans tous les lieux, même sauvages.

Mathurin CARNET, Responsable du pôle Invertébrés à la Société d’histoire naturelle d’Autun-Observatoire de la faune de Bourgogne

Les punaises dont nous parlons ne représentent aucun danger et  n’occasionnent pas de dégâts pour les habitations. Rien à voir avec la  redoutée Punaise de lit, qui pose de vrais problèmes sanitaires en se nourrissant de sang, mais qui n’a pas du tout cet aspect et ne prolifère pas l’hiver. Vous pouvez donc laisser sans crainte les punaises diaboliques, américaines, et autres punaises vertes chez vous ! Si elles vous incommodent malgré tout, passez un petit coup de balayette pour
les récupérer, mais ne les jetez pas dehors sans précautions. Elles pourraient mourir de froid ou tout simplement rentrer de nouveau, puisque leur objectif reste le même. Trouvez-leur une alternative en les posant sur un tas de pierres ou tout autre abri comme votre cabane de jardin.